[Hors-série] Rhinocéros et Mommy, le retour
Quand les pièces de la semaine sont aussi absurdes que les nouvelles!
Je m’excuse de n’avoir rien publié depuis deux semaines. J’ai attrapé un rhume qui ne voulait pas me lâcher, et qui m’a même suivi pendant les 21,1 km de mon premier demi-marathon (esti). 😅 Autant vous dire que j’étais un peu à plat.
Mais revenir au théâtre m’a rappelé pourquoi j’aime tant les arts vivants. Plus que jamais, avec tout ce qui se passe dans l’actualité, ça fait du bien d’aller s’asseoir dans une salle. Parce que le théâtre, c’est à la fois la meilleure façon de décrocher… et une belle façon de réfléchir.
🦏 Rhinocéros — L’absurde qui résiste encore
Je ne m’attendais pas à être aussi éblouie par la scénographie d’un classique comme Rhinocéros. Ça faisait presque 30 ans que la pièce n’avait pas été montée au Théâtre Denise-Pelletier, et la salle vibrait d’une émotion particulière ce soir-là : celle du retour d’une œuvre monumentale, mais aussi celle d’un hommage discret et senti à Claude Poissant, disparu cet été, présenté avec douceur par Nicolas Gendron.
Sur scène, l’absurde frappe vite. En arrière-plan, il résonne d’autant plus fort avec l’actualité de la semaine où j’ai vu la pièce. Impossible de ne pas y voir des échos troublants, et je me suis surprise à me demander comment une lecture « de droite » pourrait détourner ce texte, notamment au sujet des communautés LGBTQ+. Une question dérangeante, mais qui rappelle à quel point cette pièce demeure actuelle.
Et pourtant, Rhinocéros est aussi drôle. J’ai ri fort, avec mon rire un peu reconnaissable qui se fait toujours entendre au théâtre. Selon les spectateurs, certains passages faisaient plus mouche que d’autres, mais il y a une légèreté, même dans le tragique, qui donne un souffle à cette fable.
La réplique qui m’a le plus marquée ? Le calcul absurde de la logicienne sur le nombre de rhinocéros et leur provenance. À l’ère de l’IA, des fausses nouvelles et de la manipulation de l’information, c’était comme un clin d’œil grinçant : même la logique, lorsqu’on la décortique, peut être fausse.
En sortant, je me suis rappelé pourquoi Ionesco est si nécessaire : il nous met devant le risque d’accoutumance au totalitarisme, du glissement progressif qui isole et fragilise. Et je me suis dit que, finalement, ceux qui voudraient détourner la pièce ne vont probablement pas tant au théâtre, LOL.
Rhinocéros, d’Eugène Ionesco, mis en scène par Marie-Ève Milot, est présenté au Théâtre Denise-Pelletier, du 24 septembre au 18 octobre 2025. Allez-y, vraiment.
🧟 Mommy, le retour — L’horreur en mode cabaret politique
⚠️ Avertissement sensible : le spectacle contient des effets sonores à haut volume, du sang, des éléments d’horreur, du langage discriminatoire et des scènes de violence physique et psychologique.
Dès qu’on entre dans la salle Michelle-Rossignol, on sait qu’on ne vivra pas une soirée de théâtre comme les autres. Un.e DJ est déjà installé, prêt à nous plonger dans l’ambiance. Et pour la première, il y avait même une maquilleuse qui nous offrait un maquillage de zombie avant le spectacle! Rien qu’avec ça, le ton était donné : on allait vivre une aventure décalée, absurde, éclatée.
Très tôt dans la pièce, une scène un peu gore m’a fait éclater de rire. Pas parce que c’était ridicule, mais parce que je connais bien les codes du cinéma de genre, j’ai vu tellement de films dans ce registre que je savais déjà comment “jouer le jeu”. On est clairement dans une satire qui s’amuse à détourner les codes de l’horreur. Si vous aimez Spasm ou les festivals de films de genre, vous allez adorer.
La figure de Mommy est fascinante. Tour à tour drôle, touchante, grotesque et inquiétante, elle incarne tout ce qu’on aime et déteste à la fois dans les figures autoritaires. Et même si parfois on se perd un peu entre l’ironie et le sérieux, ça fait partie du plaisir de cette pièce complètement absurde. Je ne veux pas divulgâcher la fin, mais disons que la révélation finale éclaire vraiment tout le récit.
En sortant, j’avais surtout envie de dire : allez-y si vous aimez le cinéma de genre, les codes de l’horreur et les spectacles un peu dérangeants. Pour quelqu’un qui s’attend à un théâtre “classique”, ça peut surprendre (et même déstabiliser). Mais pour moi, c’était jouissif, déjanté et franchement parfait comme mise en bouche pour l’Halloween.
Mommy, le retour, d’Olivier Choinière, est présenté au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (Salle Michelle-Rossignol), du 23 septembre au 18 octobre 2025.
Hors série, ce sont de très courts textes sur mes découvertes culturelles. Quand je peux, je vous en parle ici, parce que ça se partage mieux qu’une story et c’est plus complet. Merci au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et Théâtre Denise-Pelletier pour l’invitation.
Ces deux pièces, Rhinocéros et Mommy, le retour, n’ont rien en commun dans la forme, mais elles partagent la même force : elles nous obligent à sortir de notre confort. À rire, à réfléchir, à être dérangés parfois, mais surtout à se sentir vivants.
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je braille de rire encore à la scène des yeux dans Mommy ahahahahaha - merci encore full pour la belle soirée ET pour être le genre d'amie qui dit LET'S GO quand il y a une station de maquillage de zombies 🫶🧟🩸