[Hors-série] Après t’avoir bordé tendrement, je meurs + Le best of du Projet Bocal
Les deux dernières pièces de l'année à voir !
Je suis allée voir ces deux pièces il y a déjà un petit moment… et je suis vraiment désolée d’arriver en retard pour vous en parler. La fin novembre a été un peu intense pour moi, c’était l’anniversaire de ma justice réparatrice, un moment toujours chargé, qui me brasse plus que je le pense chaque année. Bref, le cerveau et le cœur étaient ailleurs, mais je reviens enfin avec mes mots.
Merci pour votre patience, sincèrement.
Et surtout : je vous invite vraiment à aller voir ces deux spectacles pendant qu’ils sont encore à l’affiche, ça vaut le détour, les émotions et le prix du billet.
La semaine prochaine, je publierai aussi un hors-série où j’explique ma démarche de l’année : pourquoi je suis allée voir autant de théâtre, ce que ça a changé dans ma vie, et comment je choisis les pièces dont je vous parle ici. J’ai très hâte de le partager avec vous.
Après t’avoir bordé tendrement, je meurs
Ce qui m’a frappée dès mon entrée dans la salle, c’est que la scène est littéralement au milieu, avec les deux interprètes déjà présents. Ce type de dispositif m’intimide toujours un peu : on dirait que la pièce nous regarde avant même de commencer. Je me suis installée et, sans détour, la tension du huis clos s’est mise en place.
La pièce parle d’angoisse parentale, de cette peur diffuse, presque viscérale, de « les fucker un peu », comme m’a si bien dit l’autrice lorsque je lui ai parlé en entrevue. Et ça m’a touchée profondément. Je suis la mère d’un garçon de 12 ans, et j’ai trouvé impossible de ne pas me reconnaître dans cette inquiétude constante qu’on porte malgré nous. À partir du moment où nos enfants sortent de nous, on perd le contrôle, et pourtant on continue à essayer de les protéger, de les comprendre, de ne pas reproduire nos propres brisures… ou d’en créer de nouvelles sans le vouloir. C’est un poids invisible mais omniprésent.
Ce thème, je l’ai senti partout dans la pièce : dans le jeu de la mère, d’une justesse bouleversante, dans l’écriture extrêmement précise de Stéphanie Labbé, et dans la mise en scène, qui laisse circuler assez de silence pour qu’on entende nos propres peurs résonner. C’est une œuvre qui ouvre un espace, sans nous prendre en otage, exactement comme l’autrice le souhaitait. On chemine, on réfléchit et oui, parfois, on pleure un peu.
Le portrait de Léo m’a beaucoup touchée. Le comédien est d’une authenticité rare : il joue un adolescent, un vrai, avec toute la maladresse, la force et la confusion qui viennent avec. Sa colère n’est jamais caricaturale : elle est profondément humaine. Et déroutante, oui. Parce que les garçons ont souvent de la difficulté à naviguer l’ego, les games, la pression sociale, l’école, les influences. La pièce montre ça sans juger, sans excuser non plus. Juste en exposant ce que ça fait d’être un jeune homme dans un monde compliqué.
Un moment m’a particulièrement bouleversée, vers la fin — un moment où la pièce pose une question immense sans l’imposer. Je ne veux pas le révéler, mais disons que ça m’a rappelé l’importance (et la difficulté) d’être un parent qui ne va pas toujours bien, et de se demander si nos enfants voient ça, et ce que ça leur fait. C’est une réflexion qui m’habite encore.
La performance des deux interprètes est magnifique : intense, vulnérable, crédible de bout en bout. C’est un duo qui fonctionne avec une grande écoute, un vrai instinct scénique.
Après avoir discuté avec Stéphanie Labbé, je comprends encore mieux son désir : elle souhaite que ce spectacle touche les jeunes hommes, et surtout qu’il leur donne envie de dire « je t’aime » à leur mère — et peut-être que les mères aient envie de le dire encore plus à leurs fils. Je pense sincèrement que la pièce y parvient.
C’est un spectacle qui aborde un sujet délicat, mais avec beaucoup d’humanité. Une heure vingt qui ne prend jamais le public en otage, mais qui ouvre un espace d’émotion et de questionnement essentiel.
Je recommande vraiment d’y aller, aux parents, oui, mais aussi à toutes celles et ceux qui veulent mieux comprendre ce qui se passe dans le cœur et la tête d’un garçon de 16 ans… et dans celui d’une mère qui essaie de faire de son mieux.
Après t’avoir bordé tendrement, je meurs
Centre du Théâtre d’Aujourd’hui
Durée : 1 h 20 (sans entracte)
À l’affiche jusqu’au : 17 décembre 2025
Le best of du Projet Bocal
En entrant dans la Grande Licorne, j’ai tout de suite été frappée par le décor. C’est vraiment beau, vraiment invitant, et ça donne déjà l’impression qu’on s’en va vivre quelque chose de particulier. Et sincèrement… les places se remplissent à une vitesse folle. Comme c’est en admission générale, je conseille vraiment aux gens d’arriver tôt — tu veux être bien placé pour ce genre de spectacle-là.
Le Projet Bocal, c’est un univers absurde, éclaté, imprévisible, et j’ai ri du début à la fin. J’ai trouvé ça brillant, intelligent, parfaitement exécuté. Ça fait tellement de bien de voir une série de numéros comme ça : courts, punchés, complètement déjantés, mais jamais gratuits.
Il y a deux saynètes qui m’ont particulièrement marquée.
D’abord : la vulve (on s’entend que le moment… ouf… hilarant, mais aussi QUELLE IDÉE!).
Et ensuite : les deux petites filles. J’ai trouvé ce tableau parfait, drôle, juste assez weird pour que ça reste collé dans la tête longtemps.
La chimie du trio Cordeau–Lacroix–Lalande est incroyable. Tellement cute, tellement solide. Je suis allée au secondaire avec Sonia Cordeau, ça fait des années que je la suis, et son talent pour l’absurde, je l’ai toujours connu. Mais là… c’est vraiment le fun de la voir dans une forme aussi assumée, précise, éclatée.
Je pense sincèrement que c’est un super spectacle pour découvrir le théâtre absurde. Oui, c’est absurde du début à la fin, mais comme ce sont des scénettes, ça reste très accessible. Et puis c’est court, ça passe à une vitesse folle, et on ne décroche jamais.
J’ai trouvé ça tellement drôle, tellement intelligent. Les acteurs sont fabuleux, la mise en scène est impeccable, tout roule, tout surprend. Et surtout : ça vaut totalement le hype.
Si vous êtes capables de mettre la main sur des billets dans l’une des nombreuses supplémentaires, allez-y.
Moi, j’y suis allée avec ma blonde, et j’étais juste trop heureuse de vivre ce moment-là avec elle.
Un vrai bijou.
📍 Théâtre La Licorne
🗓️ Du 25 novembre au 20 décembre 2025
⏱️ Durée : 1 h 30 (sans entracte)
🎟️ Admission générale — arrivez tôt pour choisir une bonne place.
Et une grosse reprise du 7 au 20 mai 2026 (plusieurs dates ajoutées).
Hors série, ce sont de très courts textes sur mes découvertes culturelles. Quand je peux, je vous en parle ici, parce que ça se partage mieux qu’une story et c’est plus complet. Merci au CTD’A et Théâtre La Licorne pour l’invitation.
PS très doux mais un peu nécessaire 🌟
Si vous aimez lire ces textes et me suivre dans mes aventures théâtrales, sachez que l’abonnement payant est seulement 15 $ par année.
Ça m’aide vraiment, VRAIMENT, à continuer d’avoir le temps d’écrire, de réfléchir, et d’aller voir ces œuvres qui m’inspirent (et que je vous partage ensuite avec beaucoup d’amour).
Merci à celles et ceux qui s’abonnent… vous rendez tout ça possible. 💛

